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Fiscalité des salaires des employés du CERN résidant en Espagne
Cette page est fournie à titre d’information générale uniquement. Elle ne constitue pas un conseil juridique, financier ou fiscal. Le contenu n’est pas officiel et ne doit pas être utilisé comme substitut à un avis professionnel. Veuillez consulter un conseiller qualifié pour votre situation spécifique.
Résidence fiscale en Espagne et principe de l’imposition mondiale
En général, une personne résidente fiscale en Espagne doit payer l’IRPF sur l’ensemble de ses revenus mondiaux, quel que soit le lieu où ils sont perçus ou qui les verse. Cela signifie que, sans dispositions spéciales, un salaire versé depuis l’étranger (par exemple, par une entreprise en Suisse ou en France) serait soumis à l’IRPF espagnol au même titre qu’un salaire versé par une entreprise espagnole.
L’Espagne a signé des conventions pour éviter la double imposition avec des pays tels que la Suisse et la France, qui établissent des règles pour éviter de taxer deux fois le même revenu. Cependant, dans le cas du CERN, des accords internationaux spéciaux prévalent sur cette règle générale.
Le CERN en tant qu’organisation internationale et son accord de siège
Le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire) est une organisation internationale basée à Genève, créée par convention internationale. À ce titre, il bénéficie de privilèges et immunités pour assurer son fonctionnement.
Son statut juridique spécial est couvert par l’Accord de siège et le Protocole sur les Privilèges et Immunités du CERN (signé à Genève le 18 mars 2004), ratifié par l’Espagne (BOE n° 194, 14/08/2007). Ce Protocole étend à tous les États membres (y compris l’Espagne) les privilèges déjà accordés par les pays hôtes (la Suisse depuis 1955 et la France depuis 1965). Parmi ces privilèges figure l’exonération fiscale des salaires versés au personnel du CERN. Plus précisément, le Protocole prévoit que le CERN et ses fonctionnaires sont exemptés des impôts directs nationaux dans l’exercice de leurs fonctions officielles.
Exonération IRPF sur les salaires du CERN
En vertu du Protocole sur les Privilèges et Immunités, les salaires et émoluments versés par le CERN à son personnel sont exonérés de l’impôt sur le revenu national dans les États membres. C’est-à-dire que l’Espagne ne taxe pas les salaires du CERN au titre de l’IRPF. En contrepartie, les employés paient un impôt interne au CERN lui-même, basé sur un système établi par le Conseil de l’organisation.
Cette exonération fiscale repose sur des bases juridiques explicites : le personnel est soumis à un impôt, au profit de l’Organisation, sur les salaires et émoluments versés par celle-ci. Ces salaires et émoluments sont exonérés de l’impôt national sur le revenu
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En d’autres termes, les salaires du CERN ne sont pas imposables en Espagne, tout comme c’est le cas pour les fonctionnaires d’autres organisations internationales (telles que l’UE ou l’ONU) dotées de systèmes d’immunité similaires.
Cette exonération ne dépend pas du temps physique passé en Suisse ou en France ; elle s’applique parce que le revenu provient d’une organisation internationale exonérée d’impôt. En fait, dans les pays hôtes eux-mêmes, le personnel du CERN est également exonéré des impôts locaux sur ces salaires. En tant qu’État membre du CERN, l’Espagne reconnaît cette exonération sur son territoire.
L’employé n’a pas besoin de payer d’impôt en Espagne sur les salaires du CERN comme il le ferait pour un salaire d’une entreprise espagnole, à condition que le revenu soit effectivement soumis à l’impôt interne du CERN (ce qui est attesté par un certificat annuel d’impôt interne du CERN). Les directives officielles du CERN réaffirment que, suite à la mise en place de son système d’imposition interne (approuvé par tous les États membres), les rémunérations versées par le CERN devraient être exonérées de l’impôt national sur le revenu
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En pratique, les employés espagnols doivent déclarer leur situation à l’Agence fiscale espagnole et joindre le certificat du CERN pour justifier l’exonération en vertu de l’accord international, de manière similaire aux pratiques dans d’autres pays (par exemple, en France, les salaires du CERN sont omis du champ salaire et une note explicative sur l’exonération conventionnelle est ajoutée).
Législation espagnole applicable et accords bilatéraux
L’exonération des salaires du CERN en Espagne est fondée sur le droit international incorporé dans le droit interne espagnol (Art. 96 de la Constitution espagnole). L’Instrument de ratification espagnol du Protocole sur les Privilèges et Immunités du CERN (2004), publié au BOE, est la référence principale.
De plus, la Loi IRPF respecte ces accords : par exemple, l’Article 2 de la Loi 35/2006 stipule que les dispositions de l’IRPF s’appliquent sans préjudice des dispositions des traités ou accords internationaux signés par l’Espagne. Ainsi, l’obligation générale d’imposer les revenus mondiaux (Art. 2 LIRPF) cède le pas à l’exonération établie dans l’accord international.
Les conventions bilatérales de double imposition entre l’Espagne et la Suisse (Convention du 26/04/1966, révisée par le protocole du 29/06/2006) et entre l’Espagne et la France (Convention du 10/10/1995) font également partie du cadre juridique. Cependant, dans ce cas précis, aucune double imposition ne se produit car ni la Suisse ni la France ne taxent ces salaires (en raison de l’immunité du CERN), et l’Espagne ne peut pas les taxer en vertu du Protocole cité. Par conséquent, ces accords bilatéraux ne sont pas applicables aux salaires du CERN, car ils sont exonérés ab initio dans tous les pays concernés.
En résumé : un employé directement engagé par le CERN et résident fiscal en Espagne ne paie pas d’impôt espagnol sur les revenus du CERN de la même manière qu’il le ferait pour un salaire d’une entreprise espagnole. Ceci est dû aux exonérations fiscales établies dans les accords internationaux pertinents. L’Accord de siège/Protocole sur les Privilèges du CERN accepté par l’Espagne exonère les salaires du CERN de l’IRPF espagnol (tout en restant soumis à l’impôt interne du CERN). La réglementation et les traités espagnols s’alignent sur cette exonération, donnant la priorité aux stipulations internationales. Par conséquent, les salaires du CERN sont exonérés d’imposition en Espagne, sous réserve de l’accomplissement des formalités déclaratives requises et des obligations d’impôt interne du CERN — garantissant ainsi l’absence effective de double imposition.